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  • Rencontre avec Patrick Deville - 3 mars 2015

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  • Compte-rendu de la rencontre avec Patrick Deville du 3 mars 2015, par Thomas Franzini et Alice Poujol

     
    Né en 1957 à Saint-Brevin-les-Pins, Patrick Deville est romancier. Son premier ouvrage, Cordon-Bleu, paraît aux éditions de Minuit en 1987. Quatre autres livres suivront chez le même éditeur. En 2001, l’auteur quitte Minuit pour les éditions du Seuil où il publie en 2004 Pura Vida, le premier roman d’un nouveau cycle intitulé Sic Transit Gloria Mundi. En 2012, son livre Peste et Choléra est récompensé par le prix Fémina. En parallèle de ses activités d’écrivain, il est directeur littéraire la Maison des écrivains et traducteurs étrangers (Meet) de Saint-Nazaire.
     


    Savoir l’histoire


    Les premiers voyages de Patrick Deville ont lieu sur le papier. Enfant, il suit sur les atlas les trajectoires des explorateurs qui le fascinent. Il parcourt le monde en lisant Jules Verne, puis Conrad et Chateaubriand. Adulte, il accomplit ses rêves de voyage en travaillant dans la diplomatie. D’abord courrier de cabinet, puis attaché culturel, il séjourne dans les pays du Moyen-Orient. Fasciné par les luttes, les conflits et les bouleversements politiques de son époque, il décide d’aller à leur rencontre. « Pour agir un peu moins dans le brouillard, il faut savoir l’histoire, ne pas commettre d’anachronismes, car les anachronismes sont ce qu’il y a de pire. » À la chute du bloc de l’Est, il sillonne l’ex-URSS. Il observe les pouvoirs tomber et les pays s’ouvrir sur le monde. « La fin de la Guerre froide est le moment le plus bouleversant qu’il m’ait été donné de vivre. » En 1993, il espère assister à la chute du régime de Fidel Castro à Cuba. Puis il séjourne longuement au Nicaragua auprès des sandinistes.

    Déjà à l’époque, Deville s’intéresse aux conflits et aux luttes pour ce qu’ils révèlent en chacun. Comment deviner que les étudiants cambodgiens de la rue Saint-André-des-Arts deviendraient plus tard les Khmer Rouges ? “Qui deviendra un héros ? Qui deviendra un salaud ? Il est impossible de le prévoir, puisqu’on sait parfaitement que la culture ne préserve de rien. C’est une question que tout le monde devrait se poser le matin : comment agir dans une situation chaotique ?
     


    Le cycle Minuit


    Deville fait de l’écriture son activité principale à l’automne 1980, alors qu’il habite Mascate. À cette époque, il dispose d’un bureau et du temps nécessaire pour se lancer. Durant près de sept ans, il s’exerce méthodiquement. “Je ne voulais pas devenir un homme orchestre qui ne saurait jouer d’aucun instrument. Je me suis d’abord entraîné à décrire des personnages, des situations, des décors.

    En 1987, Deville achève Cordon-Bleu, son premier roman. Depuis quelques années, il est enthousiasmé par la lecture de Jean Echenoz, qui a reçu en 1983 le prix Médicis pour Cherokee. C’est donc chez le même éditeur (Minuit) qu’il décide d’envoyer son manuscrit. Il espère aussi être reçu par Alain Robbe-Grillet, réputé pour sa bienveillance envers les jeunes écrivains.
    Quelques mois plus tard, Deville reçoit un coup de téléphone de Jérôme Lindon. Le directeur des éditions de Minuit lui explique qu’il souhaite publier son premier roman dans l’année. La collaboration est lancée. Son deuxième livre paraîtra l’année suivante, en 1988. Deville qualifie ses premiers livres de « littérature expérimentale du 20e siècle ».“Au bout d’un moment, je me suis senti prisonnier de cette forme. Je cherchais un moyen de pouvoir dire beaucoup plus de choses et de jouer avec davantage de formes littéraires. Je ne trouvais pas ce que je voulais créer en librairie.”
     


    Le cycle Sic Transit


    À la mort de Jérôme Lindon, en 2001, Deville quitte Minuit et entre au Seuil. Pura Vida paraît en 2004. C’est le premier roman de son nouveau cycle littéraire intitulé Sic Transit Gloria Mundi. Deville prévoit pour ce projet douze romans répartis en quatre trilogies. Le Seuil a déjà rassemblé Pura Vida, Equatoria (2009), et Kampuchéa (2011) en un seul volume : Sic Transit.

    Ce nouveau cycle créatif permet à l’auteur de se pencher sur l’histoire des zones géographiques qu’il a traversées. Sur une période de temps bien définie (de 1860 à la date de publication), il parcourt les territoires et les époques. D’un chapitre à l’autre, on suit tantôt les pérégrinations de l’écrivain-narrateur, lancé sur les traces des histoires singulières qui ont fait la grande histoire, tantôt des figures de pionniers, dont il retrace les trajectoires.


    Deville se défend d’écrire des romans à thèse ou des romans historiques. Il aborde l’Histoire par les individus. Pour lui, l’écriture et la littérature permettent de sortir des masses et des mouvements. Sur le modèle des Vies Parallèles de Plutarque, il fait entrer en résonance des figures historiques : Rimbaud et Yersin dans Peste et Choléra (2012) Malcolm Lowry et Léon Trotski dans Viva (2014). Il les construit par un jeu de parallélismes et d’oppositions : Lowry, ainsi, est celui qui garde le remords de ne pas agir, tandis que Trotski aspire à être écrivain mais juge plus urgent de faire la Révolution. D’autres voix plus modestes viennent nourrir ses récits, celles des anonymes qui le guident dans ses propres voyages. Quand il peut travailler sans interprète, il fréquente les bistros et s’imprègne du pays à travers ses habitants. “Le cuisinier de Brazzaville qui me raconte sa guerre du Congo dans Equatoria est un point de vue utile et efficace dans le développement narratif. Il vient ajouter sa réalité à la grande Histoire.”

    Un procédé qui lui permet de raconter des évènements récents sans entrer dans les polémiques historiographiques ou politiques. Deville raconte les pays colonisés et décolonisés en évitant tout parti-pris idéologique. L’enjeu est pour lui de dépeindre les réalités coloniales et postcoloniales dans leur singularité. “Il y a trente-six colonisations, pas « la » colonisation. La colonisation, l’indépendance, ce sont des mots qui n’ont pas le même sens selon l’endroit où l’on se trouve. Au Congo par exemple, il y a eu une administration coloniale, mais pas de politique d’installation, d’exploitation des terres. De l’autre côté de la frontière, en Angola, les descendants des premiers colons portugais sont toujours là et n’ont jamais vu le Portugal.


    Patrick Deville choisit l’année 1860 comme point de départ de chacun de ses livres. Cette année marque pour lui le moment où la planète devient une. C’est le début de la deuxième révolution industrielle, portée par l’Angleterre, la France, l’Allemagne – qui décident que toute la planète doit devenir européenne, pour le meilleur (le réseau des Instituts Pasteur, les progrès de la médecine) comme pour le pire (les nombreuses guerres et exactions). Pour la première fois, des événements isolés ont des répercussions à l’autre bout du globe : alors que la construction du canal de Suez en Égypte raccourcit le trajet vers l’Asie et donne le sentiment d’une maîtrise possible de la nature, la découverte des temples d’Angkor au Cambodge, de cette grande culture dont il ne reste que des ruines, fascine les contemporains en leur donnant le sentiment que leurs civilisations aussi peuvent s’effondrer.

     
    Des romans sans fiction
     
    Dans ces romans d’aventures sans fiction, le récit autobiographique succède au récit de voyage, l’essai à l’entretien, le récit épique au reportage. Les faits, les lieux, les personnages sont réels et vérifiables, mais Deville n’envisage pas ses romans comme des romans historiques. Ses problématiques sont avant tout littéraires : la forme, la construction, la langue. Prenant l’exemple de l’ouverture de Peste et Choléra, il montre par quel travail il a réussi à recréer toute une scène de la vie d’Alexandre Yersin, le médecin-explorateur découvreur du bacille de la peste :
    Dans ce premier paragraphe, Yersin prend sa valise, il se rend au Bourget. Je connaissais le numéro de sa chambre au Lutetia. J’ai vérifié la météo, la présence des arbres du square Boucicaut. La distribution des chambres n’était plus la même, mais j’ai retrouvé la chambre d’angle du 6ème étage dans laquelle il avait séjourné. J’ai vérifié qu’on voyait bien la Tour Eiffel de la fenêtre. J’ai vu son billet d’avion. J’ai fait des recherches sur le modèle des appareils de l’époque. J’avais le nom du pilote, la liste des alcools servis. J’ai inventé une scène cinématographique. Tout ce que j’ai imaginé, c’est la scène, la phrase, le roman.


    L’écrivain-narrateur qui apparaît dans ses livres assure l’unité du cycle. Cette subjectivité assumée est aussi pour lui une question d’honnêteté. C’est un point de vue français qui s’exprime. « Je connais suffisamment de Khmers pour savoir que je ne peux pas me mettre à la place d’un personnage de Khmer. Je ne peux pas prendre autre chose que ce que je suis. Ce sont les limites de l’imagination de chacun. » C’est aussi une manière pour lui de marquer le passage du temps d’un livre à l’autre. “Le dernier roman sera écrit par un vieillard”, s’amuse Deville.

    Grand amateur de cartes, Deville refuse pourtant d’en inclure dans ses livres. “Le format et la qualité de l’impression rendraient l’exercice ridicule. Aujourd’hui avec Internet, n’importe qui peut se connecter et consulter des documents de très haute définition.”
    Pour ce qui est des sources littéraires, l’auteur s’est longtemps méfié des bibliographies. “Je ne veux pas passer pour un essayiste. J’ai fait une exception à ma règle pour Viva. Cela s’y prêtait. À terme j’envisage tout à fait de publier des textes enrichis d’hyperliens”, qui permettent d’autres parcours dans le cycle, de suivre par exemple des personnages comme Che Guevara ou Rimbaud qui reviennent de roman en roman. Deville s’est déjà lancé dans l’édition numérique avec Vie et mort de sainte Tina l’exilée (2011) sur publie.net.
     


    De la recherche à l’écriture


    Dans son discours comme dans son écriture, Deville bondit d’époque en époque et de pays en pays. Il réactualise le récit de voyage à force de va et vient de la bibliothèque au terrain. Il est essentiel pour lui de visiter les lieux qu’il raconte sur de longues périodes. Depuis dix ans, il séjourne régulièrement dans le même appartement de Mexico pour finaliser Viva. Ce qui ne l’a pas empêché de suivre de près les procès des Khmers Rouges pour Kampuchéa ou le transfert des cendres de Di Brazza dans un mausolée congolais pour Equatoria.

    Le temps de recherche est le temps le plus long de l’écriture.” Deville accumule les impressions de voyage dans ses carnets. Il lit et conserve la presse quotidienne. Partout où il va, il contacte les correspondants de l’Agence France Presse (AFP). “Les journalistes sont au courant de tout, mais ne peuvent pas tout écrire. Ils ne peuvent pas remettre en perspective un siècle entier dans un article.”


    Une fois que Deville a suffisamment accumulé de documents, d’entretiens et de notes de voyages, il s’attaque à l’architecture du livre. Pour chaque chapitre, il crée un fichier informatique dans lequel il “enfourne” les sources accumulées. Il laisse reposer cette première version quelque temps. Quand il se sent prêt, il loue un appartement dans l’un des pays où se déroule l’action (Zanzibar pour Equatoria, Phnom Penh pour Kampuchéa). Il s’enferme pendant deux mois et écrit nuit et jour. “Et là, ça devient irrationnel. Je suis seul, je suis loin. Je commence par la première phrase et je finis par la dernière et ça donne ce que ça donne.”

     
    Peste et Choléra
     
    La parution de Peste et Choléra marque un tournant dans la réception de l’œuvre de Patrick Deville. Pour lui, ce succès s’explique en partie par l’exceptionnalité de la figure de Yersin. “Il apparaissait deux fois dans Kampuchéa aux côtés de Pavie. Je ne voulais pas le flinguer en quatre pages.”
    Il demande à l’Institut Pasteur une accréditation pour ses recherches. On lui attribue une petite table et un référent scientifique. Pendant des semaines, il consulte des boîtes remplies de correspondance calligraphiées à la plume. Pour des raisons formelles, il cède la première personne à cet explorateur et scientifique.
    J’avais conscience en écrivant que je pouvais espérer plus de lectorat.” Récompensé par le prix Femina, il enchaîne les signatures et les lectures dans les librairies françaises.
    C’est un phénomène nouveau, cet impératif de la tournée. Les livres ont tendance à ne plus se vendre que lorsque les auteurs sont présents, vont passer ou sont passés. C’est agréable mais ça prend le temps de l’écriture d’un livre et j’aimerais m’y soustraire en partie.”


    Quand il ne prépare pas un tome de Sic Transit Gloria Mundi, Patrick Deville travaille à ses autres projets. Il prépare une quadrilogie sur les tentations dont le premier tome est sorti en 2006 au Seuil : La Tentation des armes à feu. « J’envisage tous mes projets comme s’ils étaient déjà finis  » explique Deville.

     
    À la MEET
     
    Son dernier projet, littéraire sans relever de la production d’une littérature, s’ancre dans la Maison des écrivains et traducteurs étrangers (Meet) de Saint-Nazaire. Ce lieu de résidence accueille auteurs et traducteurs du monde entier. En 1996, Deville a créé la revue Meet et le prix de la jeune littérature latino-américaine. Aujourd’hui directeur littéraire, il est chargé d’organiser les rencontres et de concevoir chaque année deux panoramas bilingues d’une littérature. Chaque année, la Meet met deux villes à l’honneur : Bogota et Beyrouth en 2014, Athènes et Santiago en 2013. Deville choisit également les thèmes des meetings annuels : “Dire la ville” (2014), “Comme en quatorze” (2013), “La mémoire juste” (2011). C’est lui qui préface les actes de ces rencontres qui rassemblent chaque année une vingtaine d’auteurs du monde entier.


    Billets

    Lors de son intervention dans notre master de Création Littéraire, Patrick Deville nous a exposé sa pratique de l’écriture. Il nous a décrit sa recherche formelle constante, son besoin de voyager, de s’immerger, de s’infiltrer au sein des groupes politiques et à proximité des personnages dont il dresse les portraits. Il nous a expliqué comment, avec une grande rigueur et dans le respect de ses sources variées (archives, documents, interview), il a réussi à inventer une forme nouvelle.
    Patrick Deville met en scène l’histoire avec précision. La lecture de son œuvre nous plonge au plus près des faits et des bouleversements qu’il choisit de corréler. Cette pratique originale nous donne une vision aussi globale que rapprochée des enjeux propres à l’histoire des pays sur lesquels l’auteur travaille et des personnages au premier plan des conflits politiques.

    Thomas Franzini
     


    Ce qui est particulièrement intéressant dans l’approche de Patrick Deville, c’est que sa pratique de la non-fiction littéraire ne sacrifie rien au plaisir de la langue. Son pacte avec le lecteur garantit la véracité du moindre fait relaté. Pourtant, à la lecture, on est frappé par la concision et la précision de son style. L’attention donnée à la rythmique et à la fluidité offrent une expérience esthétique singulière. Les chapitres sont courts et l’on se laisse porter par les bonds d’époque en époque, de lieu en lieu, de personnage en personnage.

    Même lorsqu’il se permet, à l’oral, d’exprimer certaines opinions, ce n’est jamais sans expliquer d’où il se place, et quels sont les enjeux de ses prises de position. Sans jamais tomber dans les travers d’un style encyclopédique, il nous mène à travers les vies qu’il raconte (la sienne, celle de William Walker ou d’Alexandre Yersin) en les enrichissant de problématiques plus globales : les relations diplomatiques, l’épistémologie, les grandes découvertes géographiques... Si le monde actuel ne comporte plus de terra incognita, Deville a trouvé dans les vies des grands-hommes méconnus une source inépuisable de territoires à redécouvrir et à investir.

    Alice Poujol
     


    Dans Kampuchéa, Patrick Deville écrit « L’utopie politique, comme la religieuse, déteste l’homme dans sa monstrueuse incomplétude ». Sans que je sache exactement pourquoi, ce dernier mot, « incomplétude », a résonné pendant toute la lecture du livre, mais aussi pendant celle des autres textes de Deville. Il me semble révéler un des grands thèmes, si ce n’est le seul, que l’auteur traite. L’homme incomplet, au fond je ne saurai pas le définir, mais peut-être que cela dit que ce qui rend l’homme fort est exactement ce qui le rend fragile. Peut-être que cela contient l’idée que l’homme qui a conscience des lacunes, des richesses, des abus de son époque prend la route pour les combler, les consigner, les combattre. Mais cela renvoie aussi à ce qu’il a, en lui, d’inachevé, d’encore modulable, d’influençable. L’incomplétude a l’air d’offrir des chemins à la fois superbes et dangereux. L’incomplétude, ce serait le double mouvement, de ramener l’homme au centre, tout en déplaçant le centre : ayant le sentiment de ne pas s’être réalisé, l’homme part, revient, repart, de là où il est, ou vers là où il pourra satisfaire ses ambitions, ses volontés, ses désirs. Là où il aura le sentiment que ce qu’il a de plus humain doit être mis au service de projets, de découvertes. Là où les manques qui sont comme des gouffres en lui pourraient bien être soignés. Là où l’incomplétude des uns fera finalement peur à celle des autres, et que ce qui en suivra ne sera pas ce qui était prévu. J’ai bien l’impression que les courts chapitres des livres de Patrick Deville sont autant de variations sur l’incomplétude, des plus violentes aux plus pudiques. Par exemple celles où l’auteur, en premier lieu, livre ce qui en lui est incomplet. L’incomplétude, ce serait donc peut-être aussi une démarche, dont les critères ressemblent fort à ceux d’un voyage : celui de l’aller, et celui du retour. Aller vers les inconnues, vers les bibliothèques, vers les regards croisés. Retour sur les erreurs, sur les complexités, sur les idées d’origine. Ainsi, on peut dire que les livres de Patrick Deville sont d’une grande intimité, bien que leurs récits se trament le long de voyages dans l’histoire des effets papillons, des utopies en chaîne, des rapports de pouvoir et de causalité, des coupes verticales dans les temps confondus. Deville ramène la complexité trop souvent oubliée de ce qui anime, a animé, animera, les fondements, les destructions, les révolutions, les espoirs. Et il la ramène à l’aide du peu de vérité qu’il est possible de tirer de chaque rencontre, de chaque recherche, de chaque témoignage. Sans faire croire qu’il pourrait tout compléter, mais en essayant de comprendre, grâce aux temps multiples dont un romancier dispose : temps de la prise de notes et temps de la phrase, temps de la roue et temps de la ligne, temps de l’action et temps de l’inaction, temps du roman et temps du cycle littéraire.



    Paul Aymé

     
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