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  • Rencontre avec Paul Otchakovsky-Laurens - 9 février 2016

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  • Rencontre avec Paul Otchakovsky-Laurens - 9 février 2016

    par Clémentine Haenel et Mathilde Pucheu

    entretien réalisé par Vincent Message

     

     

     

    « Je publie des livres que j’aimerais avoir dans ma bibliothèque », disait Jean Paulhan. Paul Otchakovsky-Laurens, quant à lui, assume une position d’amoureux de la littérature : « Je publie, dit-il, des livres que j’aurais aimé avoir écrit. » Éditeur-phare du paysage littéraire français, fondateur de P.O.L en 1983, il a publié Georges Perec, Marguerite Duras, Marie Darrieussecq ou Emmanuel Carrère. Son parcours se noue autour de déviations professionnelles, et de merveilleux accidents auxquels il aura su être réceptif.

     

    Paul Otchakovsky-Laurens avant P.O.L.

    Né le 10 octobre 1944 en France, Paul Otchakovsky-Laurens ne se destinait pourtant pas à se lancer dans ce métier. Dans les années 60, il commence ainsi des études de droit à Assas dans le but de devenir avocat, comme plusieurs membres de sa famille. Cette université se caractérise alors par une agitation politique, artistique et intellectuelle à laquelle Paul Otchakovsky-Laurens est sensible. C’est à cette époque qu’il rencontre les étudiants fondateurs de la revue de poésie Strophe, dont le leader est Jean Frémon, que P.O.L. publie encore aujourd’hui. Au lancement de la revue, en écho à l’ébullition estudiantine, la couverture s’affirme dans la provocation et l’humour en annonçant par un faire-part, deux ans avant l’heure, la mort d’André Breton. Paul Otchakovsky-Laurens intègre cette équipe, sans faire partie du noyau dur. Il fait aussi la connaissance d’Yves Buin, qui édite Jean Reverzy dans Clarté, la revue communiste fondée au début des années 1920.

    Dans les années 1960, à défaut d’entrer de plain-pied dans le monde littéraire, Paul Otchakovsky-Laurens commence donc à le fréquenter et à s’intéresser à une jeunesse désireuse de s’y inscrire. En terminant ses études, Paul Otchakovsky-Laurens se rend compte qu’il n’a plus envie d’être avocat et se détourne du droit. Il essaie alors de trouver un stage dans l’édition, qui commence à l’intéresser. C’est chez Christian Bourgois qu’il fait ses premiers pas, en 1969. Bourgois, qui avait marqué les esprits en démissionnant de l’ENA pour entrer dans l’édition, dirige aussi Julliard dans le groupe des Presses de la Cité, ainsi que la collection 10/18. Durant ce stage, Paul Otchakovsky-Laurens furète partout, se rend réceptif à tout ce qui pourrait le former, sans rechigner à accomplir des tâches ingrates. À l’issue de cette période, la maison lui offre une place de lecteur. POL doit cependant effectuer son service militaire. Il est prévu qu’au retour de son devoir citoyen, un poste l’attende chez Christian Bourgois. Mais le sort en décide autrement : Bourgois perd entre temps la direction de Julliard et ne peut plus l’embaucher. En 1970, il obtient une place de lecteur chez Flammarion dans la foulée de travaux de réécriture qu’il avait fait pour eux. C’est alors une drôle de maison, généraliste, qui fait de beaux livres d’art mais n’est littérairement pas flamboyante. La fiction française y est tirée par les best-sellers d’Henri Troyat et de Guy des Cars. De nombreux textes que POL juge dignes d’intérêt ne sont pas retenus, parce qu’il n’existe pas de collection qui leur correspondrait. Son rôle consiste donc à étoffer le service littéraire. Il découvre les mécanismes des grandes maisons d’édition. Ils sont trois lecteurs à se distribuer les manuscrits chaque jour. Présidé par le directeur d’édition, le comité de lecture se base sur des alliances et des accords tacites entre les lecteurs pour que chacun puisse faire passer un manuscrit qu’il défend. Témoin de ce fonctionnement assez douteux, Paul-Otchakovsky-Laurens en garde l’idée que les comités affadissent les choix littéraires, dans un échange de services rendus ou une recherche du plus petit dénominateur commun.

    Pour trouver plus de liberté, il propose alors la création d’une collection nouvelle. Le projet se monte d’abord avec Pierre Dumayet, qui officie au comité de lecture tout en étant une vedette de la télévision où il anime Lecture pour tous, une émission reconnue pour la qualité des interviews qu’il y mène. La collection « Textes » doit donc être codirigée par les deux hommes, mais Dumayet cède finalement sa place. De 1972 à 1977, une quarantaine de titres sont publiés, parmi lesquels des livres de René Belletto, de Marc Cholodenko (Médicis 1976 pour Les États du désert) et du poète Bernard Noël – dont Paul Otchakovsky-Laurens dit qu’il lui a « un peu appris à lire », et qu’il continue aujourd’hui à publier.

     

     

    La création des éditions P.O.L.

    À l’étroit chez Flammarion, Paul Otchakovsky-Laurens est ensuite démarché par Gallimard, et envisage de démissionner. « Je serais parti un jour pour créer une maison d’édition », dit-il à Henri Flammarion. Et celui-ci de lui répliquer : « Eh bien créons la tout de suite. » Cette proposition le convainc de rester, mais elle tarde à se concrétiser du fait des réticences des actionnaires. Flammarion lui suggère alors de créer un département autonome, qui ne dépende pas du comité de lecture. Néanmoins, certains textes proposés par POL continuent d’être mal perçus, jugés « inopportuns ».

    C’est avec l’espoir de s’aménager une plus grande liberté qu’il accepte alors de travailler pour Hachette après sa rencontre avec Bernard Fixot. Il y dirige un département du nom d’Hachette-P.O.L. à partir de la fin 1977. Des proches lui conseillent à ce moment-là d’appeler Georges Perec, qui est en difficulté car son éditeur historique, Maurice Nadeau, a été remercié de chez Denoël et recommence à zéro à près de 70 ans. Après le grand succès des Choses (Prix Renaudot 1965), Perec est dans le creux de la vague en termes de reconnaissance publique. POL lance son département en publiant Je me souviens, puis, en 1978, La Vie mode d’emploi – où Perec entrecroise les destins des personnages d’un immeuble et mêle tous ses registres de prédilection. Le premier mois, malgré un lancement soigneusement préparé, notamment par l’édition d’un tirage à part distribué lors du festival du livre de Nice, le roman ne marche pas. Puis deux ou trois articles déclenchent l’enthousiasme, en particulier la recension du Monde, qui débute en première page. Le roman remporte un peu plus tard le prix Médicis 1978, et reste considéré comme une œuvre-clé de cette période.

     

     

    En parallèle de ce travail d’édition, Paul Otchakovsky-Laurens se retrouve fréquemment à réaliser des piges pour le journal de Maurice Nadeau, La Quinzaine littéraire. Instruit par l’expérience de Nadeau, et la façon dont il a été remercié de chez Denoël, POL n’a pas signé de CDI mais un contrat de cinq ans chez Hachette, pour se ménager une éventuelle porte de sortie. Dans cet intervalle, la maison, rachetée par le groupe Matra/Lagardère, change de direction et d’orientation. À la mort de Georges Perec en 1982, la direction n’accorde plus la même confiance à Paul Otchakovsky-Laurens.

     

    Conscient qu’un cycle s’achève et de plus en plus travaillé par l’envie de créer sa propre maison, Paul Otchakovsky-Laurens décide de se lancer. En 1983, il se rapproche de nouveau de Flammarion qui lui propose de créer une filiale, P.O.L., détenue à 66 % par et à 34% par lui-même. C’est alors une course contre la montre pour réunir ce capital, 340.000 francs (environ 50.000 euros) à trouver en quinze jours. Une fois ces questions essentielles réglées, P.O.L. voit le jour. La maison connaît son premier succès en réussissant à attirer Marguerite Duras. Paul Otchakovsky-Laurens avait noté son intérêt pour L’Établi de Robert Linhart ; en préparant la sortie de L’Excès-l’Usine de Leslie Kaplan, qui raconte également une expérience d’établissement en usine, il adresse un jeu d’épreuves à Duras. Un entretien entre elle et Leslie Kaplan a lieu à Neauphle. L’article qui en est tiré ne trouve pas preneur dans la presse, mais servira de préface à une réédition du livre. Duras pense ensuite à POL en lui confiant Outside. La réédition de ce recueil d’articles vient à point nommé, puisqu’elle vient d’avoir le prix Goncourt 1984 avec L’Amant, paru chez Minuit. Puis, c’est chez P.O.L. qu’elle choisit en 1985 de publier La Douleur  : ce livre, inspiré de journaux qu’elle a rédigés pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’elle attendait son mari Robert Antelme, arrêté en juin 1944 et déporté en camp de concentration, connaît à son tour un très grand succès, atteignant les 100.000 exemplaires. Duras donnera sept livres à POL jusqu’à sa mort.

    Malgré ces débuts très encourageants, la maison rencontre à plusieurs reprises des difficultés financières. Dans les années 1990, ses comptes sont plombés par la création d’une collection de classiques dont les coûts de fabrication restent trop élevés et les tirages trop faibles par rapport à ceux que proposent Mille et une Nuits et Librio. Le financier Jean-Jacques Augier remplace un temps Flammarion au capital. Aujourd’hui, Gallimard, entré dans le capital au début des années 1990, détient 88 % de la maison, POL 11%, dix autres personnes le dernier centième. L’autonomie éditoriale reste très grande, et l’actionnaire est plus susceptible de manifester sa désapprobation pour une embauche que pour un texte.

     

     

    L’organisation de la maison 

    P.O.L. publie entre quarante et cinquante livres par an. Son catalogue compte 200 auteurs. La politique de la maison est toujours basée sur la lecture de manuscrits arrivés par la poste, mais Paul Otchakovsky-Laurens ne retient qu’un ou deux nouveaux auteurs chaque année, car il tient avant tout à suivre ceux qu’il publie déjà.

    Petite structure, P.O.L. compte six salariés : une personne assure un secrétariat général, les rapports avec la comptabilité et le contrôle de gestion situés chez Gallimard ; une personne crée la mise en page des livres (tandis que Gallimard s’occupe des imprimeurs) ; un correcteur est employé à domicile, avec un salaire variable selon la charge de travail ; une personne s’occupe des droits étrangers et des droits secondaires, ainsi que de la rédaction des contrats ; Jean-Paul Hirsch officie à la fois comme directeur commercial (en gérant les rapports avec la SODIS) et comme responsable des relations avec la presse. POL marque l’importance de la relation de confiance qui le lie à ce dernier dans la définition de sa stratégie commerciale : « Je ne cherche pas des livres qui se vendent, je cherche à vendre les livres que j’ai trouvés. » Il lui est arrivé, autrement dit, de refuser des livres dont il savait qu’ils avaient de bonnes chances de rencontrer le succès.

     

     

    Paul Otchakovsky-Laurens assure à lui seul la lecture des manuscrits et la direction de la maison. Ce positionnement lui paraît nécessaire pour assurer la cohérence du catalogue. Pour autant, il peut arriver qu’il hésite sur un manuscrit et, dans ce cas-là, il interroge ses collaborateurs. Recevant entre cinq et vingt manuscrits par jour, pour un total d’environ 3200 manuscrits par an, Paul Otchakovsky-Laurens établit une organisation simple. Il regarde les textes au fur et à mesure, et lit principalement chez lui ou à la campagne, au calme, dans un cadre informel. Dans certaines périodes, il peut lire jusqu’à dix heures par jour.

    Assez vite, il met de côté les manuscrits qui lui plaisent, puis les lit jusqu’à déterminer pour quelles raisons il va publier ou décliner la publication : « Je cherche dans les livres une certaine forme de trouble, de mise en péril. » La curiosité est son moteur principal. Le syndrome du chercheur d’or, l’espoir de la pépite ont raison de la lassitude. « Ce qui éveille l’intérêt change avec chaque livre. » Il retient un texte quand il a le sentiment de n’avoir jamais entendu cette langue, cette voix, ce souffle et ces silences auparavant. Il se fie à sa subjectivité, travaille à l’œil et à l’oreille. Si ce qu’il a lu d’un livre l’intéresse particulièrement, il accélère la prise de décision, pour ne pas être pris de vitesse par la concurrence. Quand le manuscrit de Truismes de Marie Darrieussecq est arrivé entre ses mains, par exemple, quatre maisons l’ont accepté, mais POL était le premier à la contacter. Les refus, plus fréquents, relèvent aussi d’un travail à part entière. Paul Otchakovsky-Laurens écrit environ deux cents lettres personnelles de refus par an. Il peut arriver qu’il reconnaisse un potentiel dans un texte mais qu’il juge une publication prématurée et, dans ce cas, qu’il prenne le temps de recevoir l’auteur. Le premier manuscrit de Patrick Lapeyre parvenu chez Hachette avait ainsi été refusé, mais la rencontre avec POL avait permis de nouer la relation : « La manière dont on écarte un manuscrit peut être décisive pour ne pas couper les ponts. »

     

     

    Le travail avec les auteurs de la maison P.O.L.

    Pour les auteurs que la maison compte déjà à son catalogue, le processus est différent. Paul Otchakovsky-Laurens souligne la délectation qu’il éprouve à suivre l’épanouissement d’un écrivain. En tant qu’éditeur, il peut jouer un rôle d’accompagnement et de conseil, mais celui-ci dépend évidemment de chaque auteur. Si certains aiment avoir son avis sur chacun des chapitres qu’ils écrivent, d’autres préfèrent avancer de façon plus autonome, et rendent des manuscrits impeccables, après avoir soigné la structure, le rythme, la langue. Ainsi, Paul Otchakovsky-Laurens adapte sa pratique aux besoins de l’auteur. C’est un travail de disponibilité et de confiance mutuelle qui garantit le succès des collaborations.

    De manière générale, POL critique l’interventionnisme. Il s’agit, dit-il, d’ « avancer à pas mesurés, comptés et légers ». Les modifications qu’il propose se font toujours sous réserve de l’approbation de l’auteur. Il fait attention à ne pas normaliser des maladresses qui peuvent parfois être volontaires. « Très tôt, j’ai eu mon visage de vieille femme, je ne sais pas si c’est tout le monde », écrit Duras dans l’incipit de L’Amant. Le réflexe serait de redresser la syntaxe de la phrase, mais cela la banaliserait. Il se souvient d’un manuscrit de Bertrand Visage qui comprenait, en son milieu, une longue histoire drôle. Cette composition avait paru étrange à POL qui avait refusé le manuscrit. Mais après que celui-ci avait été accepté par Jean Cayrol au Seuil, et en le relisant, il s’était rendu compte que c’était un des meilleurs passages du livre, et ce qui faisait une partie de son charme. Les écrivains sont des artistes auxquels il faut faire confiance, les éditeurs, eux, des passeurs. Avec les jeunes auteurs, il faut même veiller à établir une relation plus égalitaire qu’elle ne l’est spontanément. 

     

     

    Suivre les auteurs où qu’ils aillent : le catalogue P.O.L

    Les auteurs qui vendent beaucoup permettent aux autres auteurs d’exister, dans un jeu de péréquation auquel tient beaucoup l’éditeur, et qui lui paraît aujourd’hui menacé par le rôle nouveau que jouent les agents. Négociant eux-mêmes les contrats, ceux-ci n’incitent pas leurs auteurs à la solidarité et ponctionnent par leurs commissions une partie de l’argent qui pouvait servir à la péréquation. C’est pourtant ce système qui permet à Paul Otchakovsky-Laurens de continuer à publier des livres appartenant à des genres moins rentables. Pour ce qui est du théâtre, POL ne publie que les auteurs qui sont par ailleurs au catalogue pour d’autres titres. La poésie, quant à elle, est pour lui le noyau de la littérature, parce qu’il s’agit d’un lieu où s’expérimentent les formes, d’un espace de recherche qui interroge le matériau de la langue. « Une maison d’édition sans poésie n’a pas de sens », assure-t-il. D’ailleurs, s’il s’intéresse à la prose, c’est pour sa teneur poétique. De ce côté du catalogue, où Frédéric Forte voisine avec Christophe Tarkos et Charles Pennequin, les tirages sont généralement de 1500 exemplaires, tandis que les ventes moyennes oscillent de 300 à 800.

     

     

    Se rendre attentif à la poésie dans tous les genres, c’est poser un regard sur l’intimité turbulente qu’un auteur entretient avec sa langue. Paul Otchakovsky-Laurens s’intéresse particulièrement à la fragilité que l’on rencontre dans une langue « composite » qui crée du « tourment », comme le dit Édouard Glissant dans L’imaginaire des langues. Il aime les auteurs qui n’ont pas un rapport évident, mais une relation biaisée, inconfortable avec la langue qu’ils utilisent, que ce soit ou non leur langue maternelle. Il s’est aperçu que beaucoup de ses auteurs étaient hantés par une langue fantôme, n’avaient pas le français pour seule langue ou avaient le français pour seconde langue : Emmanuel Hocquard a passé toute son enfance à Tanger, Leslie Kaplan aurait pu écrire en anglais, Nina Yargekov s’interroge sur la multiplicité des appartenances culturelles.

    Le principe plus général de la maison est de suivre les auteurs sur le long terme, de respecter leur parcours et leurs évolutions, en publiant tout ce qu’ils écrivent. À voir au catalogue les noms de Camille Laurens (passée depuis chez Gallimard) ou d’Emmanuel Carrère, on pourrait se dire par exemple que l’autofiction est une des lignes du force du catalogue : mais tous deux, précise POL, sont partis de la fiction, et leur évolution vers des textes plus autobiographiques n’avait rien de prédictible. Ce compagnonnage de long terme, s’il est la règle, peut toutefois se heurter à des désaccords majeurs : le journal que Renaud Camus soumettait à POL, par exemple, a comporté au fil des ans de plus en plus de passages problématiques, que l’éditeur lui demandait de couper. À partir de 2008, la dérive de Renaud Camus vers l’extrême-droite identitaire s’est accélérée, POL n’a plus souhaité le publier, et Camus de son côté ne lui a plus soumis de livre.

     Le catalogue de P.O.L., construit sur plus de trente ans, est donc aujourd’hui d’une grande diversité : on y trouve des œuvres oulipiennes, autobiographiques, du théâtre, de la poésie, des textes inclassables. La littérature étrangère représente la portion congrue des livres édités, même si Paul Otchakovsky-Laurens ne refuse pas non plus de s’aventurer sur ce terrain quand ses auteurs lui amènent des projets, comme Frédéric Boyer retraduisant Saint-Augustin, ou Julie Wolkenstein le Gatsby de Fitzgerald. Mais la littérature n’est pas le seul centre d’intérêt de Paul Otchakovsky-Laurens, qui avait même envisagé de passer le concours de l’IDHEC (aujourd’hui la Fémis). C’est dans cette continuité qu’il a notamment publié des livres de Godard et développé la revue Trafic, créée par Serge Daney ainsi que La lettre du cinéma. POL, quant à lui, a réalisé un premier long-métrage sur sa jeunesse, et en prépare un deuxième, qui parlera de son métier. Il le pratique avec passion, en écoutant ses goûts, et sans craindre de rater de grands écrivains : car Paul Otchakovsky-Laurens ne travaille pas pour l’histoire de la littérature ; il publie les livres qu’il aurait aimés avoir écrit. 

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